Saturday, December 5, 2009

work in progress

ne saurait dire si elle s'ennuie
non elle est bien avec cet ennui
elle s'est bien habituée à l'ennui
elle conjugue son ennui
l'accompagne d'un peu de tisane
de son fauteuil elle observe les variations du ciel
qui vont du gris perle au bleu ciel
tôt le matin on peut voir une lumière jaune dorée
aux nuances roses poudrées d'ocre
il faut sortir pour cela,
avoir une raison de sortir
de commencer une journée
sinon la vie passe devant soi
depuis ce fauteuil
le petit sphinx comprend tout cela
qui n'a rien à dire
parfois elle sort un peu de sa torpeur
alors elle saisit l'un des deux énormes ouvrages
posés par terre à côté d'elle
un dictionnaire bilingue
français anglais
elle ne lit plus que cela
un roman formidable
que l'on ne finit jamais de lire
elle compulse l'ouvrage, s'étonne de toutes les subtilités de sa trame narrative
il lui arrive de tricher un peu
d'ouvrir le volume directement à la fin
là se cachent tous les synonymes rares et précieux
elle est du côté des mots désuets,
de la désuétude.
elle garde aussi à côté d'elle un cahier constitué de pages vierges
non lignées en papier recyclé
quand la lecture active du dictionnaire est finie
elle compulse le cahier
pour se distraire un peu.
s'étant ainsi reposé les yeux, elle peut alors reprendre
la lecture active du dictionnaire
et cela jusqu'au soir.

Monday, November 2, 2009


Me gustas cuando callas porque estás como ausente,

y me oyes desde lejos, y mi voz no te toca.
Parece que los ojos se te hubieran volado
y parece que un beso te cerrara la boca.

Como todas las cosas están llenas de mi alma
emerges de las cosas, llena del alma mía.
Mariposa de sueño, te pareces a mi alma,
y te pareces a la palabra melancolía.

Me gustas cuando callas y estás como distante.
Y estás como quejándote, mariposa en arrullo.
Y me oyes desde lejos, y mi voz no te alcanza:
Déjame que me calle con el silencio tuyo.

Déjame que te hable también con tu silencio
claro como una lámpara, simple como un anillo.
Eres como la noche, callada y constelada.
Tu silencio es de estrella, tan lejano y sencillo.

Me gustas cuando callas porque estás como ausente.
Distante y dolorosa como si hubieras muerto.
Una palabra entonces, una sonrisa bastan.
Y estoy alegre, alegre de que no sea cierto.

Pablo Neruda

Friday, September 25, 2009


Claire prend un peu de café ce matin là, des tartines au beurre avec le sel de Guérande. C'est son préféré qu'elle aime le beurre au sel de Guérande sur un peu de pain frais. Ce matin-là, Claire a sorti la confiture, que normalement elle n'en prend jamais de la confiture, sauf celle de lait. de quand elle était petite. mais là, c'est la bonne confiture faite par le papa d'A, aux cerises, les bonnes cerises rouges du jardin du papa d'A. Elle a pensé au doux goût de miel de la confiture de cerises du papa d'A. elle a pensé au papa d'A ce matin là. A. a un papa qui lui fait la confiture, A. a une petite fille adorable. Claire n'a pas encore sorti la confiture du sac plastique ou A. l'a mise, enveloppée dans le plastique pour pas que ça coule partout. elle regarde longuement le pot de confiture dans son sac plastique, passe de longues minutes ce tout petit matin à déchiffrer le sens des petits plis, la peau fine et transparente du jour. Le plastique colle au verre et on devine le rouge sous le plastique, avec la colle et le froid du frigo, le plastique qui colle au verre. des fois claire prend le pot de verre rouge et froid à l'intérieur de sa main. elle n'a pas encore défait le noeud du plastique. on peut garder la confiture longtemps dans le frigo qu'elle pense. oui ça se garde longtemps. elle pense aux petites boules rouges éventrées, dénoyautées, leur goût sucré, tout ça qui macère là-dedans, flotte dans le miel. Et le pot de verre est lourd, pense Claire quand elle le soupèse, elle entend le bruit du verre brisé, voit la bouillie rouge collante s'échapper du sac éventré qu'il faudrait nettoyer si le pot lui tombait des mains, aux blessures qu'elle se ferait avec les petits morceaux de verres noyés dans le jus rouge épais. la flaque rouge.
Claire retrouve un peu de calme ce matin là, après les énervements passés, un moment encore elle pense au petit pot de confiture affublé de son plastique moulant et puis non, pas ce matin. Alors le pot retrouve sa place au fond du frigo.

Thursday, August 6, 2009

Monday, August 3, 2009


J'ai bien du mal à tenir avec ce qui fut pour moi la grande révélation de cette journée, envie de la partager avec toi. Je voulais garder ça pour plus tard, histoire d'avoir une petite histoire de secours pour quand on irait boire un petit café chez ton ami qui sert aussi de la bière. moi c'est pas comme toi, j'aime mieux la bière japonaise...Y en aura? j'adore trop la bière japonaise, je sais c'est un truc de fille, pas comme la bière corse...et ton café ?

Alors tu sais, je me suis installée dehors, ce qui est bien agréable, il fait une température qui me convient tout à fait, une belle lumière jaune atténuée par les feuillages, les feuilles étoilées de l'érable japonais sont mes préférées, un petit vent tiède et caressant souffle au travers des branchages faisant doucement bruisser les feuilles, c'est doux...
Les figues...j'attends impatiemment les figues, elles sont encore bien vertes. j'ai peur d'être partie en voyage quand elles prendront leurs belles couleurs violettes de couilles refroidies. Il y a aussi un lierre qui grimpe le long des écailles du gros palmier. c'est un de mes happenings favoris dans ce jardin, ça parait inhabituel.

La chatte est assise sur le dossier du fauteuil d'où je t'écris en ce moment même. C'est la chatte Colette qui supervise toutes mes écritures de sa patte griffue. elle vient juste de jeter un oeil un peu las sur l'écran de l'ordinateur. c'est pour ça tu sais que des fois c'est un peu du travail de chat et que pleins de petites traces noires incongrues sèment l'écran un peu partout, elle écrit avec ses pattes...va savoir où elle les traîne ses pattes...ni fait ni à faire...en plus comme elle est gauchère, elle en met vraiment partout.

Quelqu'un vient juste de se dire que le temps était parfait pour égaliser sa pelouse verte rutilante. Aux cris âcres et affolés des oiseaux moqueurs, je devine que c'est le gros monsieur Algoflash, ce notable de la ville, un fervent écologiste progressiste qui arrose amoureusement sa pelouse à l'eau minérale de glacier même en plein hiver lorsqu'il pleut à grosses gouttes..." Hi mister Algoflash! and how are you today ? Beautiful day huh ?" (là je lui fais un petit signe amical du doigt avec l'expression de mes sentiments distingués, ah il m'envoie ses sentiments réciproques! oui nous avons de très bons rapports, c'est agréable un peu de civilité entre voisins) la joyeuse et puante pétaradade de sa luxueuse voiture écologique de jardin s'élève à nouveau dans les airs.

J'arriverai jamais à te raconter mon histoire alors...tout ce bruit...
C'est vraiment nul...
Bon ben voilà donc...je ruminais de la bonne herbe algoflash donc...si épaisse et si grasse et tenace que c'est bon tu peux y aller, marcher dessus, t'essuyer les pieds dessus et mâcher, mâcher, elle se redresse toujours, magique, toujours aussi fraîche, verte et indigeste qu'au premier jour de printemps. je mâchais, je mâchais à m'en broyer les dents, commençant à me sentir drôle, ça faisait un goût bizarre, un peu comme quand j'étais petite tu sais, le coup du bonbon poivré, de la boule de chewing gum incassable où tu te déboites la mâchoire...ou lorsque mon père, à cours d'histoires mais jamais de patience, me faisait le coup de l'histoire sans fin...je lui en voulais...

Ecoute, je peux pas raconter si tu trépignes comme ça, disait-il, en plus ça énerve Colette. Bon...Quand même...je me demande si je m'égare pas un peu car Colette ma douce siamoise louche de ses yeux bleus et tendres et secoue sa petite tête en forme de triangle.
je perds complètement le fil tu sais...

Wednesday, July 22, 2009





Tuesday, July 21, 2009

Saturday, July 18, 2009

bouches de feu qui brûlent au soleil, paupières battantes, ces ailes marbrées, une robe mauve me serre la taille, ai enfilé mes sandales, la lanière qui s'enroule autour de la cheville. il fait chaud. une angoisse sourde étreint tout le corps et retient chaque pas, les cheveux se collent à l'intérieur du cou humide. Le chemin qui va au grand bâtiment est une longue ligne droite, bordée de fleurs pastels, rosiers, jasmins, hibiscus, les grands arbres aux feuillages translucides, verts ou rouges, projettent ombres claires sur la pelouse, traçant figures secrètes. Avec le temps j'ai peu à peu détesté cette ville, grillagée, son grillage invisible, ce calme apparent, cage lumineuse, cette couche lisse et brillante, le parfum sucré qui coule des fleurs.

Friday, July 3, 2009

Thursday, July 2, 2009


Thursday, April 30, 2009

La lumière glissait, oblique, au travers les volutes de fumée grise. Alors nous étions six ? Plus une. Madame Peau de Vache. Je crois me souvenir d’une Madame Peau de Vache, greffière, prenant soin de tout noter. Cette pute.

J’imagine qu’elle passait par un escalier très secret ou une porte dérobée peut-être car en trois ans je ne la croisai pas une seule fois, ni au dit-hôpital, dit-pavillon, dit-étage, ni au 45 bis de la rue d’Alésia. Personne ne la croisait jamais, cette ombre fantôme. Non plus au fumoir, l’avions-nous croisée, sa triste figure aux traits empâtés, bouffis, gangrénés par la haine intérieure qui ravageait tout son corps et nécrosait aussi peu à peu son ventricule 4, avant d’atteindre la zone critique, cérébelleuse. Son nez, légèrement retroussé, chaussé de lunettes de soleil démesurées qu’elle ne quittait jamais. Elle était pourtant bien là, cette maladie mortelle, grippe porcine dite mexicaine.

Dommage, j'aurais peut-être eu une copine après tout car les journées étaient longues et j’étais bien seule, allant, venant, d’un bout à l’autre du long couloir, air groggy, la démarche comateuse dans joli pyjama bleu pisseux délavé, charriant derrière soi effluves de mort. Pas tout à fait une odeur de lavande côté accent de Provence mais plutôt celle de la viande pourrie.

C'est vrai que j'étais un peu sous influence. Je l’admets volontiers. Je me souviens les belles couleurs acidulées des petites verrines qu'on nous servait aux heures des repas, rouge cerise le théralène, jaune citron vert le tercian et pour certains privilégiés, un mystérieux bleu curaçao dont le nom exotique m’échappe à présent. La douce amertume du citrus remplissait ma bouche, je la laissais couler en moi.

Sous l'effet des médicaments mes lèvres bleuissaient et mon corps se raidissait comme un tronc d'arbre, rapidement je ne pus plus chier, mon ventre enfla comme celui d’une femme enceinte et mes muqueuses devinrent très sèches. Lorsque j'allais à la selle, sentant finalement poindre petit caillou à l’orifice, la merde, dure comme un galet de plage bretonne, me déchirait la paroi anale, mon petit trou du cul saignait. Je pleurais le sang aussi et souffrais de dyskinésie tardive avec léger syndrome parkinsonien. Je pris vite dix, quinze kilos. Frôlai l'occlusion.

Dans le fumoir nous pissions par terre et crachions sur la tête des salauds qui nous avaient mis au trou, certains portaient haut les couleurs du pays des blue devils, arborant avec fierté leurs blessures de guerre. D'autres plus discrets, plus craintifs, se contentaient de mater le plafond à longueur de journée sans décrocher un seul mot à quiconque. Pour ma part, je fréquentais assidûment l'atelier pâte à modeler, tenter de gagner quelques bons points, points jardin, points relais, points permissions, point sortie. Tout ça pour pas trop cher, suffisait de pointer. Progression de l’apprentissage en spirale ascendante donc, comme j’avais appris en formation. Cependant,  mon manège, odieux petit trafic de points, fut vite mis à jour et je perdis à nouveau tous mes privilèges. Il me fallut tout recommencer. Les premiers temps, les doigts s’arrêtaient net sur la pâte morte, chair froide, raidie qu’il me fallait ceindre avec plus de conviction pour gagner les putains de points. Les doigts craquent, tremblent et pleurnichent, ricanaient les sadiques blouses blanches. Pensez donc au sculpteur qui fait sa première entaille dans le marbre blanc. Ça ne saigne pas le marbre vous savez. En attendant je restais en pyjama. Ils me changèrent de docteur deux trois fois puis finalement, décidèrent de me laisser entre les mains de la salope sado maso toute de cuir vêtue avec fouet dans le tiroir, si jamais l'envie me prenait de faire la maligne pendant les interrogatoires quotidiens.

 

Wednesday, April 29, 2009





Wednesday, April 15, 2009

Monday, March 23, 2009


Absente à moi la plupart du temps, en robe papillon, au jardin, à la neige, à la mer, échanges de bavardages, inutiles souvent, sourires niais, se taire à petits mots, Conjuguez! Je me tais à petits mots! réfléchi ou réciproque ? restes de moi, on n'attrape pas les papillons. La ville de Pacific Grove prévoit une amende de 1000 dollars par tête de papillon pour quiconque leur ferait du mal. Bon sang, peu importe, je le sang battre dans mon ventre. Ma mort, mon envol. Une tête d'obus. Deux ailes de feu. Non officer, je vous assure, j'ai perdu tous mes papiers dans le désert, je m'appelle Claire et j'ai bu la mort. Je me rappelle un cheval blanc, l'étoile au front, Eclair. Le soleil du Sonora brûlait sur nos tempes. La poussière, le long galop, nos ailes de feu, le balancement soyeux des branches, un cornouiller à fleurs blanches. 
Ondée de lames. jours me filent-ils l'âme, quels fils. m'écorchent, ressens souvent la faim, la laisse me manger, ronger la chair vérolée. peux me faire pierre, ma peau poncée foncée pierre de soleil, dureté minérale, l'âme coupée ras saigne là, je ne bouge pas.  âme noire rance rassie pain perdu pétri dans la merde, crache fiel sur la fleur blanche du printemps qui vient, à venir, refus. Dès aujourd'hui meurt, ne voit qu'à travers le trou noir foré dans nos corps. Aujourd'hui tu vois, la femme à tête forée, tu vois noir dans le fond de son âme vidée. Sans amour. Dans le fond de ton âme crottée tu te couches, tu te couches là, ton lit d'amertume, ces draps noirs, ta couche, là tu te couches, la lame tranche. tranche.  


Sunday, March 15, 2009



Wednesday, February 25, 2009





Tuesday, February 17, 2009


Cette fin juin, le soleil pâle éclaire un peu nos visages, il fait un peu frais. Une brise légère souffle sur nous, sa caresse froide glisse sur nos joues. Des fois, tu prends mon visage entre tes mains pour nous réchauffer un peu. Un courant, comme un long frisson traverse la Seine et je regarde avec attention ses eaux vertes se rider, se troubler, à fleur d'eau de minuscules vaguelettes lui font une peau froissée, la lumière jaune tremble sur nous, j'écoute ton pas de mots, je regarde les éclats de lumière faire miroiter l'eau. J'entends une crevure dans nous. 
Après, nous laissons le banc, le bord de l'eau, nous marchons contre le vent vers le petit appartement. C'est un petit endroit, rue des tuileries. Pas beaucoup de place, sombre. Un lit défait, un lavabo, une cuisinière et au fond, la petite armoire où tu as caché le fusil. Des vêtements froissés jonchent le sol. Devant la seule fenêtre qui donne sur une petite cour fleurie, une table, une plante, un paquet de cigarettes.

Monday, January 19, 2009






Thursday, November 27, 2008



Sunday, November 23, 2008


Une petite femme crispée sur elle-même. Un regard éteint, des yeux posés sur la mort, des lèvres serrées. Complètement immobile. Sa maigreur. Le corps dur et froid, parcouru par de brèves secousses intermittentes, une tension interne lui fait garder les poings serrés, se tordre ses pieds nus violacés. De temps à autre sa gorge laisse s'échapper d'elle un son hideux comme un rot. A d'autres moments, elle se débat pour sortir de son corps, naître. Son air hagard s'attarde un temps sur les visages inconnus qui la traversent, indéchiffrables, elle cherche une sortie, un petit trou dans les yeux, un petit trou dans le mur, une fissure, ci et là de petits lézards grouillent sur les murs, se glisser dans un trou, disparaître, faire boule dure.


Saturday, November 8, 2008


Non, ça je sais pas trop pourquoi ils prennent les photos en noir et blanc, ça doit être un truc spécial que le surveillant général il a dit. Le surveillant général, il est invisible, on le voit pas, mais lui oui, il a toutes nos têtes. Des fois, si on pense qu'on devrait pas être là, on peut demander à passer devant le grand jury, c'est ça qu'on m'a dit. Parce que une fois, y avait quelqu'un, il a dit pendant une séance que c'était une erreur, qu'il était aux anges en fait et qu'il avait trouvé dieu, et puis il a disparu. Il est passé devant le grand jury. Ca m'a fait une grande impression, peut-être que moi aussi je peux alors... j'ai des doutes, ça à l'air d'un piège. J'ai peur. Je sais plus c'est quoi qu'il faut dire déjà. Mieux vaut se méfier, j'ai aussi entendu parler d'un autre étage. Faut pas parler, ni de dieu, ni de rien. Il faut rien dire du tout, il faut coopérer, ça je me souviens. La nurse Lisa est là, elle va me protéger de la nurse chinoise qui veut me retirer la médaille de la vierge que je porte au cou. Lisa, elle, elle comprend que c'est pas possible, la nurse chinoise elle m'accuse not to be compliant with treatment, mais nurse Lisa est là, elle croit en dieu et des fois elle fredonne des airs de gospel. Une fois mon mari il vient, méchant, pas d’habits propres pour moi, il réclame des papiers que j'ai signé des papiers de release of information des papiers qui prouvent, qui expliquent et je veux pas, il est tout rouge mais Lisa est là, elle me refait signer d'autres papiers et ça y est comme ça c'est tout bon, il peut plus venir me faire peur. Je vois plus personne comme ça. Nuit. A côté de moi quelqu'un se masturbe et grogne, c’est une bête. A un moment ça se lève et crie I pissed in my bed, la bête tourne en rond dans la chambre comme une furie, j'ai peur qu'elle me fasse mal, commence à pleurer, à répéter que j'ai peur, je suis glacée. elle s'assoit, me demande pardon I know I'm a scary person but I'm not a bad person. Elle a une voix rauque et des cheveux orange. elle chie la porte ouverte et j'entends tout. Elle fait des bruits avec sa gorge. Matin. Remplir des formulaires do you hear voices ?, do you feel you want to harm yourself or others ? Are you suicidal ? Je veux pas mais je comprends tout, c'est comme dans l'avion. J'ai pas de red band, je m'en fous du red band je préfère manger seule. J'ai rien à dire à personne. Au début ils croient que je parle pas anglais, non en fait je parle pas du tout, parceque. Lisa se moque, no red band for her she wants to cry alone...


Saturday, November 1, 2008





Thursday, October 16, 2008




Wednesday, September 10, 2008

Saturday, September 6, 2008

Saturday, July 5, 2008














Wednesday, May 14, 2008

Regard n'y voit rien. aveugle, se crève à tourner autour de lui même, et tout qui tourne comme un manège autour de son propre point fixe tout au centre de son soi qui tue et tait tout autour faisant tout le tour de son petit point de pupille tirant aveugle sa petite bille dure. Il se tue comme ça le regard  faisant le tour complet de son globe aveugle dictant sa propre vision. ça pleure la mort dans mon trou. tu me reproches mes absences dans le mur aveugle, j'écoute le mur me confier des choses graves sur ce qui arrive, il a pleins d'oreilles le mur et les plantes aussi ont des langues à parler et le chat et les arbres aussi ils ont tout vu, tout entendu de ton regard, ils te connaissent bien, de longtemps ils t'observent, vivent près de toi et ils savent bien que c'est toi la bête.    

     

Monday, April 21, 2008

fatiguée de marcher toujours pas trouvé le jardin. bientôt le jour et pas de jardin. encore des salades pour que j'aille y voir à l'autre bout du couloir. A d'autres... Va Va Va le magnifique va voir là bas...M'en fous, Bête était fatiguée, elle s'est couchée par terre, en boule, un petit lit de mots en plein sur la route.              

Sunday, April 6, 2008


Le printemps, lui, revient 
ses bouches bordées d'arcs-en- ciel, 
aussi sûr que la dent froide de l'hiver et ses paillettes de givre
bleues à bords coupants. 
La langue a poussé là en secret, 
entre deux aubes, tendu ses doigts ailes de mort 
poussé coeur vert au dehors 
pétals de neige, disques lunaires 
nappent le ventre nu de la terre.
 
 

Thursday, March 20, 2008

surprise ce matin. filtre dans la pièce une légère odeur du dehors, fine et volatile. Déjà le jasmin qui court sur tous les murs de la ville. J'avais oublié le jasmin. à l'endroit de ton visage, je peux pas. cette odeur je veux pas y aller dehors, c'est pas le jasmin. je me souviens maintenant, c'est là l'endroit, faut pas y aller. Ce sont seulement des fleurs de jasmin. poser les yeux ailleurs, sur le carré de lumière où le chat s'est étendu. Tout déroulé qu'il est mais Lumière ici troue le corps, souvent très brute, rester quand même à l'ombre, refaire pansement à la patte, porter des lunettes, attendre le début du soir.  

Saturday, March 15, 2008







Monday, March 10, 2008

Je vais m'en fabriquer une. Une peau de mots aux mailles très serrées couleur écaille de tortue. Je me glisserai tout en douce dans la peau de mots aux mailles très serrées couleur écaille de tortue et toi tu ne me verras plus. Je te ferai la grimace dans ton dos et même sous ton nez et tu n'y verras rien.
je serai sauve sous les mots, toute sauve. 
Le premier qui m'attaque, hop je me boule dans la peau de mots aux mailles très serrées couleur écaille de tortue. Ce sera ma peau mienne. 
Je me suis acheté un scalpel, tu le crois? Oui, je me suis acheté un scalpel. C'est dangereux hein ? Je peux pas tout charcuter quand même; c'est pour ça un scalpel c'est bien pour ce genre de travail, ça découpe propre. J'en ai essayé un sur un chien mordeur et ben...ça marche bien dis donc, il est mort! Tout de suite j'ai pensé: c'est  ça l'outil qu'il me faut!
Je pense la peau de mots, je ne pense qu'à ça, je veux ma peau de mots, je veux découper dans ta peau et me faire une belle peau de mots aux mailles très serrées couleur écaille de tortue.

Monday, February 18, 2008


Tuesday, January 15, 2008



Elle commence avec un coeur
coeur s'accroche plus fort

j'ai mal dans la chair, j'ai mal dans notre chair
ça fait mal tout ce mal partout

comment on va vivre, comment on répare
contre ils me tiennent contre
les pieds dans mes mots
peux plus battre des ailes, peux plus battre les pieds
c'est serré, dans le filet où il est ferré le poisson
il est ferré dans son filet là le poisson
dans ses propres fers
forgés par ses mains criminelles

case prison

roule les mots dans la balance, pèse
tu pèses ? Mais ça pèse quoi ce coeur?
ça pèse pas ce coeur. ça pèse combien ?
combien le prix? pas prix d'or.

ça pèse lourd, notre coeur pèse lourd
ça compte à l'endroit un coeur

il dit reviens, reviens là
il demande
et comment on répare, comment on va vivre
la question impossible

on est dans un coeur
on est dans un coeur
on se tend la main

Je comprends bien, oui je comprends bien,
vous allez jouer! Quitte ou double!
Faites vos jeux! Faites votre jeu!

comprenez bien que je ne veuille pas jouer
jouer au jeu de la mort, jouer aux couteaux
jeux de mains, passer la main

Nous on rigole plus maintenant
on a mal, on s'est planté
et on a planté dans la chair
la chair de l'homme
le coeur de l'homme saigne

Vous me tenez / contre
contre la nuit contre le jour
a merci dans les liens

alors elle se pose là,
là ou vous voulez qu'elle se tienne
dans le lien présent qui nous tient
ensemble séparés ou pas.